lundi 12 mai 2008

LECTURE

"Laurent Terzieff, qui a mis sa vie au service du théâtre et de la poésie, a choisi de vous lire un extrait de La voie de la transformation d'après C.G. Jung et l'alchimie, d'Etienne Perrot. Nous le remercions vivement de cette lecture inspirée et magnifique." http://www.passiondulivre.com/media/c-13719-610848278598806.mp3

Document issu de :http://www.passiondulivre.com/livre-9016-la-voie-de-la-transformation-d-apres-cg-jung-et-l-alchimie.htm

mardi 6 mai 2008

ZEN


"Qu'est-ce qu'il y a de plus Zen que les rêves ?
Qu'est-ce qu'il y a de plus propre à provoquer ce choc que l'on nomme l'illumination abrupte, le satori, que le rêve déroutant qui vous tombe dessus et qui vous laisse interdit jusqu'au moment où votre interprète, d'une phrase foudroyante ou d'un éclat de rire, vous l'a éclairé ?
C'est cela le Zen.

J'en ai eu la preuve par un rêve , d'ailleurs un rêve qui n'est pas de moi. Un jeune homme est venu me voir un jour : il préparait un diplôme de maîtrise sur le thème : "Zen et psychologie des profondeurs", il venait me voir à titre documentaire, sans vouloir s'engager. Juste avant de venir, il a eu un rêve où nous étions ensemble, vêtus de robes blanches, dans le climat Zen si vous voulez. L'un de nous trébuchait sur une pierre, il ne savait pas si c'était lui ou moi, et nous éclations tous deux de rire. je lui ai dit : " voilà, c'est un rêve Zen.

Qu'est-ce que cette pierre ?
C'est la chose incompréhensible, c'est l'imprévu du rêve. Ce rêve est venu vous montrez que le Zen est dans les rêves et que la psychologie des profondeurs telle qu'elle doit être vécue, telle que nous la pratiquons , c'est le Zen." Il m'a répondu :" Ah ! je n'y avais pas pensé."
Je ne sais pas ce qu'il a fait de son diplôme, il ne me l'a pas envoyé.
Vous savez, dans le Zen, l'illumination s'obtient parce qu'on appelle des koans, qui sont des énigmes insolubles, déroutantes, absurdes. Dieu sait si le rêve multiplie les manifestations d'absurde pour nous obliger à faire éclater le sens !
Les rêves sont des koans, ils nous conduisent au satori, à l'illumination, c'est àdire à la conscience, qui s'accompagne ici du rire."

Etienne PERROT
extrait cahier 21, 1983

jeudi 1 mai 2008

UN LANGAGE DIRECT


"EP. Le langage que je vous ai tenu a pu en surprendre certains. Pour les uns, il est vrai, il est familier. Ce sont ceux qui ont entrepris un travail intérieur ndividuel; ils sont à l'écoute de leurs songes et ils recueillent des symboles qu'ils ont appris à goûter, à expliciter, pour autant qu'on peut expliciter un symbole, si bien qu'ils peuvent recevoir le langage symbolique, direct, qui est parlé ici. Quand aux autres, qui viennent pour la première fois participer à nos travaux, ils peuvent avoir le sentiment d'un vocabulaire et d'un monde hermétiques, c'est le cas de le dire , et donc réservé à des initiés. En fait, c'est à la fois vrai et inexact. L'initition qui est demandé pour recevoir ce langage et l'entendre c'est l'initiation que l'on se donne à soi-même. Si l'on veut se mettre à l'écoute de son intérieur et de ses songes, on verra apparaître la pierre, la fleur, l'étoile, la boue aussi, l'abîme et le reste.

Je dois le redire : si quittant le rivage de l'explication psychologique, j'ai décidé voici quelques années, et avec une vigueur et une audace croissante, de parler ce langage direct, c'est que cela fait écho à une parole qui résonne au fond d'un nombre de plus en plus grand de français, sans parler du reste du monde que je ne connais pas ou peu, à ce niveau. Les expériences renouvelées que j'ai faite à la radio m'ont permis d'atteindre un public extrèmement vaste, non seulement en France , mais dans la francophonie et aussi chez des personnes parlant français dans des pays d'autres langues. Là, j'ai constaté avec quelle intensité le fond de l'âme s'exprimait en symbole, avec quelle insistance il criait, attendant d'être écouté et de recevoir une réponse. Il y a , dans notre chaos, dans notre obscurité spirituelle quasi totale, un ordre et une lumière qui veulent s'affirmer.

Et si je le redis, ce n'est pas avec la conviction d'un prédicateur ou d'un propagandiste, mais avec la certitude d'un enfant naïf placé devant une évidence bouleversante. Les émissions de France-Inter en 1978-1979 avaient été un évènement important: je renvoie à ce sujet au livre Les rêves et la vie* que d'excellents esprits considèrent comme capital et où plus d'un puise la science sur laquelle on fonde des cours, des conférences, des séminaires sur les rêves.

Les philosophes chinoix disent, en parlant de ce que Confucius avait présenté, que c'est la voie de l"humanité et qu'il est aussi vain de vouloir faire une église ou une institution d'Etat de la voie de l'humanité que ce le serait de vouloir faire une affaire d'Etat de l'air qui est à tout le monde et qu'on a jamais songé jusqu'à présent à nationaliser, on ne peut pas accaparer le monde intérieur. Personne ne peut en faire sa propriété, persone ne peut l'exploiter. Si certes, plus d'un le fera, mais ce sera au détriment des personnes que l'on prétend aider, parce qu'on les captivera, on les réduira , on les limitera, au lieu de les élargir, au lieu de laisser la vie prendre son cours imprévisible et tout-puissant à l'intérieur de l'être."

Etienne PERROT
extrait cahier 22, 1983
*LES REVES ET LA VIE
Etienne Perrot
Editeur : Dauphin, Paris, France
Collection : La Fontaine de Pierre
Prix : 22.00 € / 144.31 F

dimanche 27 avril 2008

LE ROLE DE LA KABBALE

image extraite de transat.effisk.net/.../fregate

" Q. Qu'est-ce que vous pensez du rôle de la Kabbale ?

E.P. C'est intéressant mais ce n'est pas mon trip, vous voyez ? j'ai fait de l'hébreu, ça m'a apporté, mais, au bout d'un moment, je me suis aperçu que je pouvais me laisser prendre à ça, que je m'écartais de ce qui m'était demandé. La Kabbale, c'est pour les Kabbalistes, c'est à dire pour des juifs.

Nous sommes que nous le voulions ou non, nous sommes de culture chrétienne, la plupart d'entre nous, et même si nous sommes éloignés de cela par deux ou trois générations, ça fait partie de notre nature, nous n'y pouvons rien. Etant entendu, vous l'avez vu, que je n'entends pas vous inviter à la restauration d'un christianisme qui vous ramène tout droit à l'église, mais d'un christianisme qui soit complété par l'intégration de l'ombre, le christianisme de Merlin, si vous voulez, fils du diable et d'une religieuse. Voilà ce que je vous présente comme voie.

La Kabbale, ça peut devenir , d'après les gens que je vois, parce qu'à Paris on voit pas mal de gens qui font de l'ésotérisme, ça peut devenir un jeu très intéressant, un jeu de l'esprit qui vous absorbe et vous dessèche. Je vous parle d'expérience là encore, je ne parle pas à partir d'a priori. J'ai un grand respect pour la science, la science sacrée, quelle qu'elle soit, mais je m'aperçois qu'une science sacrée intellectuelle permet aux individus de prendre leur vol, justement de monter très haut dans les degrés d'initiation, mais leur instinct n'est pas en place."


Etienne PERROT
extrait cahier 18, 1982

dimanche 20 avril 2008

PRISE EN COMPTE DE L'ASTROLOGIE ?


" Q. Est-ce que vous prenez en compte les références astrales ?


E.P. A chacun son langage. Mon langage est celui des rêves. J'ai le plus grand respect pour l'astrologie. C'est comme si vous me demandiez si je prends en compte la musique ou la géométrie. Dans tout cela il y a un ordre. Ma spécialité, c'est "l'astrologie intérieure", comme disaient les Anciens, une astrologie dont les astres sont à l'intérieur de l'être humain.


Les astres sont assimilés aux dieux de l'antiquité et les dieux sont mis en relation avec les métaux. Les dieux sont dans le ciel et les métaux sont dans la terre. Moi je suis alchimiste : j'observe et je travaille les métaux dans la terre. Cette terre , ce n'est pas la terre vulgaire, c'est la terre philosophique. C'est notre terre, terra nostra , c'est notre terre intérieure, ce qu'on appelle aujourd'hui l'inconscient.


Le nom et l'image de la terre viennent souvent dans les rêves, et dans cette terre on trouve des métaux. Je pense à un songe récent où l'un d'entre vous avait entre les mains une boule noire, qu'on pourrait assimiler à la terre, et cette boule noire était pailletée d'or. On pourrait dire : c'est la terre de l'or. C'est la terre intérieure, la terre de l'inconscient dans laquelle apparaît cette lumière minérale que les alchimistes voulaient extraire et qu'ils appelaient de ce nom, comme ils la nommaient aussi "notre lumière", ou "la lumière d'augmentation".


En termes astrologiques et alchimistes à la fois, on pourrait dire que cet or est le soleil, qui est ici à l'intérieur de la terre, et non dans le ciel."


Etienne PERROT

extrait cahier 14 1981

lundi 14 avril 2008

UNE SOCIETE SECRETE ?

Voir vidéo : construction

Q. Quel rapprochement faites-vous entre vos recherches et celles des société secrètes, par exemple la franc-maçonnerie ?

E.P. Notre entreprise est une entreprise de réalisation individuelle. Nous n'entendons pas instaurer des hiérarchies : qui dit hiérarchie dit subordination, qui dit subordination dit manque de liberté, qui dit groupe dit instauration d'une mentalité collective ôtant à l'individu son plein épanouissement, sa spécificité, sa vérité.

Nous ne présentons pas une vérité doctrinale; nos communications de savoir ne se font pas sous forme de transmission de symboles ou de "secrets", de bouche à oreille, de rites. L'initiation que nous procurons à un être, c'est l'éveil de son être propre, sous la forme qui est appelée par lui.

D'une certaine manière, les rêves nous présentent comme des francs-maçons : nos bâtissons un édifice qui est le temple de l'homme, et nous le bâtissons librement. Dès que, chez nous, se présente l'aliénation qu'est le respect trop appuyé envers une figure humaine, il se produit un phénomène spontané, émanant de l'intérieur, qui est un rejet, qui est la destruction de l'image ainsi construite, parce qu'elle aliénait l'individu. il n'y a pas de maître ici ou plus exactement , il y a un Maître qui est au centre de chacun, qui est le secret de chacun.
Le dieu intérieur, le soi, le secret est le seul maître, et les humains sont ses serviteurs.
Pourrais-je en dire davantage ? Est-ce nécessaire ?

Nous réactualisons ( je pourrais dire cela, c'est important), nous réactualisons le symbolisme maçonnique. C'est le symbolisme alchimique.
Chez nous il est vivant, il vit de sa vie propre, autonome, imprévisible, dans les individus chez qui il choisit de se manifester. Il est bien évident que ni l'un ni l'autre des rêveurs dont je vous ai cité tout à l'heure des productions, n'a été initié et n'a eu besoin d'être initié à la terminologie et à l'imagerie d'une société secrète, mais le symbole de la pierre, et celui de l'espace sacré, du mandala, sont renés librement et d'une façon souveraine au fond de chacun d'eux. Une pareille expérience rend impossible la subordination à une société, à un groupe ésotérique quel qu'il soit.
On pourrait dire ici : "Le soleil est levé, disparaissez étoiles !"

Les étoiles , ce seraient les symboles qu'on présente sur les murs d'une loge au cérémonial et aux costumes traditionnels, bien apprêtés, bien reconstitués.
Le soleil, c'est cette force intérieure qui, ensuite s'irise de toutes les couleurs de l'arc en ciel en images diverses. L'être individuel en est le centre, il est le seul centre , ou, plus exactement, c'est en lui que se trouve le centre qui est ce soleil. L'être placé dans ce chemin intérieur est à lui seul son propre secret et sa propre société secrète.
Voilà ce que j'ai à en dire.

Etienne PERROT
extrait cahier 17, 1982

lundi 7 avril 2008

REFLECHIR AUX RELIGIONS ...

Voir vidéo: Magnificat , J.S. BACH

Q . Je rêve beaucoup, je rêve même énormément, je sais pas dormir sans rêver et j'ai eu l'occasion de lire vos deux livres et je suis entièrement d'accord, sauf sur la question de la religion. Quand on a vu à la télévision les émissions sur le cosmos, la création de la vie, j'ai l'impression qu'on ne peut plus croire en aucune religion.

E.P. Eh bien, vous ne croyez pas , Monsieur ? Moi je vous répondrai par la parole que Jung avait tenue lors d'une émission de télévision anglaise, peu de temps avant sa mort. On lui avait posé la question : "Croyez-vous en Dieu ?" et il avait répondu : "Je ne crois pas, je sais."
Il faut préciser d'ailleurs que cette réponse insolente, provocante, avait déchaîné une tempête dans l'opinion publique.

Jung a du ensuite s'expliquer... qu'il avait voulu dire qu'il avait observé des phénomènes qui le mettaient en présence d'images ou d'énergies dont la description et l'expérience paraissaient correspondre à ce que les ouvrages des religions présentaient comme des images ou des expériences de la divinité, mais que, bien entendu, il n'entendait formuler aucune affirmation dogmatique parce qu'il n'était qu'un savant, etc.
Moi , je ne suis pas un savant. Je vous l'ai dit tout à l'heure, je suis un poète, mais je sais qu'il existe des phénomènes de ce genre.

Qu'est-ce que vous voulez ? Si quelqu'un voit dans un rêve un ange lui apparaître et lui dire : " Je suis l'ange Gabriel" que voulez-vous que je lui dise, Monsieur ?
Je lui dirai peut-être " Bon vous êtes en présence d'un archétype, d'une de ces réalités qui viennent d'au-delà du moi et qui apportent à l'individu un afflux d'énergie et des enseignements qu'il peut utiliser après les avoir soigneusement interprétés..." Moi, je veux bien, mais si cette personne est dans la religion chrétienne, je lui dirai plutôt : "L'ange Gabriel vous est apparu." Pourquoi pas ? C'est pour elle plus immédiat, plus parlant que de lui dire : "un archétype s'est manifesté en vous." C'est la même chose. Vous voyez ce que je veux dire ?

Q. Quand on réfléchit aux religions, on voit que si nos civilisations ont été inspirées par elles, elles sont tout de même grandement responsables de pas mal de maux, de conflits. Il faudrait revoir la question de ce côté-là.

E.P. C'est évident, Monsieur. Nous ne prennons pas le problème au même niveau, Monsieur. Vous comprenez : les croisades, les autodafés, les persécutions, les guerres de religions....nous savons ce que c'est. Une grande partie de l'humanité est grossière, il faut bien le dire. Je ne sais pas si cela a changé depuis des siècles mais les médiévaux disaient : "La corruption du meilleur donne le pire" On peut le dire des religions. L'essence des religions, ce sont des êtres d'élection et des individus admirables. Prenons par exemple, la Madre Teresa de Calcutta, pour évoquer une figure historique indiscutée. A côté il y a tout le reste, depuis nos guerres de religions jusqu'aux guerres saintes de l'Islam. Nous ne prenons pas le phénomène religieux à ce niveau là, nous le prenons au niveau individuel, celui que nous entendons ramener au jour dans cet exposé ...

Etienne PERROT
extrait cahier 17, 1982