samedi 26 décembre 2009

LA PIERRE


"Les alchimistes aiment à représenter leur pierre avec des ailes. Nous avons parlé tout à l'heure de la pierre solide, parce que nous sommes dans des subtilités spirituelles et intellectuelles et qu'on nous ramène à la solidité, mais, quand quelqu'un a réalisé cette assise et cette solidité, qu'il a fixé le volatil selon l'expression alchimique, on lui montre qu'il faut volatiliser le fixe et la pierre devient esprit. La solidité la plus grande est celle de l'esprit. Le centre de l'individu, cette solidité, est absolument impalpable, insaisissable à tous les instruments. L'immobilité de la pierre est en même temps la mobilité de l'esprit, c'est à dire du vent"

Etienne PERROT
extrait cahier 22, 1983

samedi 5 décembre 2009

RETOUR


"Mais il ne suffit pas de se lancer dans l'aventure et de pénétrer dans l'autre monde , encore faut-il en revenir . Kubla Khan, Prometheus unbound, me laissent personnellement dans un état de malaise, parce qu'ils nous placent dans un "autre monde"sans lien avec celui-ci. Les difficultés du retour ressortent bien du conte de Grimm" Le fidèle Jean" par exemple"
http://www.grimmstories.com/fr/grimm_contes/le_fidele_jean

Etienne PERROT
extrait cahier 19, 1982

mercredi 11 novembre 2009

ACTIVITE


"J'ai découvert le monde intérieur des images par la technique du rêve éveillé, qui m'a rendu de grands services sur le moment, m'a sorti d'une situation bloquée, plus que bloquée, mais m'a tout de même conduit dans une impasse, parce que le thérapeute m'avait appris à y mettre une volonté, une activité.
Notre activité est non agissante; c'est le laisser advenir, l'abandon à la réalité intérieure pour qu'elle se manifeste dans sa plénitude à travers notre vide"

Etienne PERROT
extrait cahier 15, 1981

mercredi 2 septembre 2009

LA VIE


"LA VIE en effet est un élan, énergie épousée totalement; elle exige l'adhésion de l'homme; elle est amour réclamant l'amour. Qui a consenti à cet amour meurt à ses limites et débouche sur l'expérience de la totalité."

Etienne PERROT
extrait cahier16, 1981

mercredi 15 juillet 2009

Aspiration spirituelle


"Dans la débâcle spirituelle générale, dans les menaces qui pèsent qui pèsent sur nous de tous les côtés, les individus sont ramenés vers eux-même. Et si nous sommes ramenés vers nous-même, c'est parce que nous voyons bien qu'il n'y a pas de salut ailleurs. Les belles promesses matérielles qu'on nous a faites, nous en avons constaté les limites, car l'homme ne vit pas seulement de pain.

Quant à ceux qui nous parlent de réalités spirituelles, nous voyons malheureusement que très souvent ils s'efforcent d'y croire, mais que le cœur n'y est pas, et c'est pourquoi leur paroles n'ont guère de résonance en nous. Et pendant ce temps, cette aspiration spirituelle qui est dans chaque individu se poursuit, elle trouve son langage, et son langage est celui du symbole, celui d'expériences variées, d'expériences survenant souvent la nuit, qui traduisent comme des poussées, comme des appels de la vie pour réaliser dans les individus ce que les autorités collectives ne peuvent plus nous fournir. Cela vous paraît peut-être un peu abstrait. Je vais m'expliquer d'une façon plus claire.

Jung, et nous après lui, nous avons constaté que si nous nous mettons à faire attention à ce qui se passe en nous, et essentiellement la nuit dans les rêves, nous voyons monter à la surface des images, baroques, extravagantes, mais qui contiennent un sens et qui, si elles sont interprétées, fournissent un déroulement, un déploiement, qui traduit une croissance. Cela commence, comme disaient les alchimistes, par le germe, et le germe se développe et produit des fleurs et des fruits."

Etienne PERROT
cahier 16, 1981

mardi 7 juillet 2009

Fond et surface


"Le livre qui , avant l'œuvre de Jung, a été pour moi déterminant a été la Philosophie éternelle d' Aldous Huxley.
Ce livre a paru en France au moment où j'achevais ma première psychothérapie qui m'avait fait toucher du doigt le caractère non confessionnel, non formel de l'expérience qui m'avait été offerte. Il montre l'équivalence des formulations entre les différents enseignements spirituels. Cela ne veut pas dire qu'on doit s'adonner au syncrétisme, que l'on peut faire un jour du soufisme, un autre du bouddhisme et un autre de l'hindouisme. Cela aussi est aux antipodes de notre démarche. Nous nous fixons, nous nous enracinons, nous nous plaçons quelque part, dans notre nature propre pour l'explorer.
Si quelqu'un vient nous voir, nous lui disons: "Est-ce que vous êtes décidé à faire le chemin ici ? Nous ne disons pas que nous faisons mieux que les autres, mais s nous vous parlons ainsi, c'est parce que tout peut passer pour le moment par ici, quitte à ce que plus tard, lorsque cela vous aura été montré de l'intérieur, vous alliez voir ailleurs. Mais si vous venez ici, c'est ici que doivent se faire les choses."
C'est que toute voie spirituelle est, d'une certaine manière, complète. Quand j'ai commencé mon "analyse Junguienne", je me suis posé des questions sur la qualité et l'ampleur de ce que je recevais.
Et voilà que mon interlocuteur m'est apparu en rêve pour me dire - avec autorité- des paroles qu'il n'aurait sans doute jamais prononcées dans la réalité diurne : "Ma voie est autochtone, originale et complète".

Q.- Les rapprochements entre les enseignements sont tout de même enrichissants !

E.P.- Oui Madame, mais cela vient après . Sur le moment l'important n'est pas là : l'important c'est de réaliser, si je puis dire, l'élargissement par le fond. L'important, c'est de parvenir au centre, et quand on est au centre, on s'aperçoit qu'il gouverne les trois cent soixante degrès de la circonférence. Notre universalisme ne se fait pas par la surface."

Etienne PERROT
extrait cahier 14, 1981

mercredi 24 juin 2009

De l'aventure ...



"Nous sommes donc acculés à l'aventure. Celle-ci n'est pas aisée. Disons un mot de ses périls avant d'aller plus loin. L'attention apportée au monde intérieur nous place en dehors de la collectivité sociale. Elle nous met en présence d'images, d'expériences, de forces inconnues qui peuvent avoir sur nous deux sortes d'effets contradictoires.

Le premier est de nous exalter. Nous sommes des élus , des voyants. Pensez par exemple à l'impression qu'a pu éprouver la personne dont je vous ai rapporté le grand rêve d'Apocalypse, si elle n'est pas suffisamment humble et si elle ne se rend pas compte des dangers qu'il y a à se sentir hors du commun. elle a pu s'identifier eu voyant de Patmos. Et c'est vrai : nous sommes tous des voyants et nous devons nous dire que cette voyance est quelque chose d'ordinaire, de normal, et que seule la cécité que nous inflige une civilisation bornée, tout entière orientée vers ce qu'il y a de plus obscur, de plus opaque, la matière, nous prive de cette faculté de vision.

L'aute danger est inverse, et les deux coexistent souvent. On ne joue pas indéfiniment à l'élu et à l'être extraordinaire. Au moment où l'on s'aperçoit que ce sentiment d'élection et d'autorité n'est pas accueilli comme nous le souhaiterions, les énergies ainsi mises en mouvement se retournent violemment vers nous. On tombe alors dans la depression et l'on se dit : "Après tout, et si tout cela était de la folie? " et c'est effectivement de la folie, car c'est le monde dont la société, garante et juge de la normalité, ne veut pas. C'est pourquoi il est très important que se constituent ces réseaux dont je parlais tout à l'heure.

Je sais d'expériences, pour avoir marché pratiquement seul pendant trente ans, les dangers terribles qui menacent l' isolé. Et je sais aussi, depuis que la chance- la grâce- m'a été donnée d'en rencontrer d'autres sur le même plan, le phénomène de résonnance, d'intensification extraordinaire que représente la communication-lâchons le mot-: la communication- au niveau de ce monde et cela va sans dire, la sécurité que procure, dans l'aventure solitaire, la présence auprès de soi de témoins, d'êtres aimants qui vous rectifient ou qui viennent vous rappeler l'existence de la lumière au moment où vous êtes dans une phase d'obscurité."

Etienne PERROt
extrait cahier 13 , 1981