jeudi 19 février 2009

lundi 2 février 2009

VOYAGE


"L'entrée dans nos profondeurs et la découverte de nous-même est souvent représentée comme une aventure ou un voyage. Les rêves, comme les contes et les légendes, de même que les récits initiatiques et la littérature abondent en exemples de ce thème. Ce sera tantôt un voyage dans un autre monde, au-delà des mers ou dans une île, telle l'Odyssée ou les nombreux contes où le prince part à la recherche de la princesse, et tantôt ce sera le parcours d'un monde supérieur, spirituel : l'héroïne du conte visitera la lune, le soleil et les étoiles pour leur demander son chemin et comment retrouver le bien aimé perdu. Kubla Khan, ce poème que Coleridge reçut tout composé en rêve, est un bon exemple de création spontanée d'un "autre monde".
Le monde d'en-bas, celui des profondeurs instinctives et chthoniennes, sera également exploré, à la suite d'Orphée, tant il est vrai que , suivant l'adage alchimique : "ce qui est en haut est comme ce qui est en bas". C'est par exemple, la descente initiatique de Lucius qui , dans l'Ane d'or d'Apulée, y découvre le soleil infernal, ou encore celle du prince de conte de fées qui ramène du monde souterrain la fille du diable pour l'épouser. Certaines imaginations de William BLAKE sont, à cet égard, extrêmement suggestives. N'oublions pas non plus la descente d'Alice, à la suite d'Ebenezer Rabbit, au pays des merveilles, ni son passage au-delà du miroir des apparences quotidiennes."

Etienne PERROT
extrait cahier19, 1982

dimanche 18 janvier 2009

LUCIUS


"Les derniers chapitres des Métamorphoses ou Ane d'or d'Apulée ce roman de la fin de l'antiquité auquel j'ai déjà fait allusion, montrent également comment les évènements oniriques et les évènements diurnes sont liés. Cette histoire est celle du long processus initiatique et de la lente transformation du léger Lucius, à travers une très pénible nigredo( sa transformation en âne), dont la mésaventure de Bottom affublé d'une tête d'âne et séduisant Titania_ bel exemple de conjonction d'opposés, le trop bestial devant épouser le trop aérien_est peut-être une réminiscence. Sous sa forme d'âne, Lucius subira bien des mauvais traitements avant que sa "conversion" provoquée par une vision ne lui rende sa forme première. Et le livre se termine sur le récit de son initiation aux mystères d'Isis et d'Osiris. Non seulement Isis lui apparaît en visions et en songes pour lui dicter ses volontés, mais il lui est indiqué en rêve quand il doit demander l'initiation, tandis que le prêtre désigné pour y procéder est prévenu par le même truchement."

Etienne PERROT
extrait cahier 19, 1982

jeudi 25 décembre 2008

MESSIE

"Il est attesté que " la parole de salut" ne vient pas aujourd'hui d'un Messie ou d'un instructeur individuel placé au-dessus du commun, mais que, dans chacun, elle est prononcée par l'esprit qui parle dans les rêves, et c'est ainsi qiue le songe devient "esprit et vie".

Etienne PERROT
extrait cahier 18, 1982

mercredi 3 décembre 2008

LA BRISE LEGERE


"E.P. Dans la journée, vous pouvez avoir plusieurs conversations, plusieurs informations et puis , quelque chose revient dans le rêve. Le rêve le reprend pour nous inviter à en voir le sens intérieur, profond. Cela nous apprend à déchiffrer la réalité diurne à ce niveau second. Si j'ai eu un accrochage de voiture et que j'en rêve la nuit, ce n'est pas une obsession de ma part, c'est que le rêve m'incite à examiner la façon dont cela s'est produit et la raison pour laquelle cela s'est fait. Le rêve nous apprend à être totalement présents à la vie, parce que, pour lui, il n'y a pas , d'une part, les grands symboles que l'on garde, et la réalité vulgaire que l'on jette à la poubelle. Non, ce n'est pas ça, tout est bon, tout est intéressant, tout est plein de signification.

Q. On sent très bien qu'il y a des rêves très importants et d'autres pas .

E.P. Oui , c'est vrai, mais il arrive aussi que les choses importantes soient dîtes d'une façon très subtiles et très fugaces. Et cela me fait penser à cette histoire de la bible où le prophète Elie sur le mont Sinai demande à Dieu de se manifester à lui. Dieu lui dit :" Mets-toi contre le rocher, ma gloire passera et tu me verras". Le prophète est donc sur la montagne et attend la manifestation de Dieu. Le tonnerre gronde et Dieu n'était pas dans le tonnerre, l'ouragan souffle et Dieu n'était pas dans l'ouragan et, à la fin de la journée, on sent le souffle d'une petite brise et Elie entend la voix de Dieu dans la brise. Il y a des grands rêves qui vous tombent dessus comme la foudre et il y en a d'autres qui sont le murmure d'une brise légère. "


Etienne PERROT
extrait cahier 20 , 1982

lundi 17 novembre 2008

TELEPATHIE


"Q. Je voudrais savoir les rapports entre le rêve et la télépathie, mais dans un sens assez large. Principalement la télépathie serait la volonté de diriger quelque chose sur quelqu'un dans un but. La question que je pose, en fait, c'est si ce but est le même but suivi par le courant interne qui n'aurait pas le même aspect volontariste et si on n'arrive pas à une sorte de télépathie, mais non volontariste.


E.P. Oui, c'est une communication naturelle, une mise en phase, mais qui n'est pas déterminée par l'individu. C'est une expérience très courante. Il m'arrive chaque semaine, et je ne suis pas le seul , de penser à quelqu'un :" Tiens, je n'ai pas de nouvelles de cette personne !" et le lendemain je reçois une lettre. Je n'ai pas déterminé le phénomène; je l'ai induit intérieurement; ce n'est pas ma volonté qui a décidé cette personne à m'écrire, mais un lien intérieur nous unit forcément, lien affectif, professionnel ou autre( dans notre travail nous ne pouvons aider que par une relation affective). A ce moment-là, une force profonde s'est trouvée activée en même temps chez l'un comme chez l'autre. On pourrait dire, en termes psychologiques plus rigoureux, que l'inconscient, qui est transpersonnel, qui est une espèce de bain d'énergie dans lequel trempent les individus et d'où émerge la conscience individuelle cet inconscient s'est trouvé activé en même temps chez l'un comme chez l'autre et a fait qu'une correspondance en forme de souvenir ou d'affect a éclos, chez moi qui attendais les nouvelles de cette personne et chez elle qui m'a écrit cette lettre. Le terme de "mise en phase" me paraît assez heureux dans ce domaine. Si l'on est placé sur une même longueur d'onde, ça résonne, effectivement, d'une façon synchrone."


Etienne PERROT

extrait cahier 17, 1982

dimanche 2 novembre 2008

LA NATURE


"Je voudrais vous citer une parole de JUNG dans ses souvenirs posthumes. Il dit :" Je ne suis pas de ceux qui croient qu'ils doivent veiller à ce que les cerises aient des queues". Il ajoute : " Je suis là contemplant ce dont la nature est capable". Vous mesurez , je pense, l'énormité d'une pareille affirmation dans notre siècle de techniques : cete foi dans la vie, cette foi dans la puissance de la nature, dans sa sagesse, dans son intelligence et dans le sens qu'elle poursuit à travers nous. Il est bien évident que si, avant de se lancer dans de grandes planifications, on se mettait un peu à l'écoute des besoins profonds d'une collectivité, des possibilités qui sont les siennes et qui correspondent à son désir intense et foncier, au lieu de se fixer des objectifs vers lesquels on tend et on veut faire tendre les membres de la collectivité les choses iraient sans doute mieux et, en tout cas, pas plus mal. C'est là ce que JUNG a défini comme attitude de "laisser advenir"". Nous retrouvons ici la grande intuition de ces opérateurs mystérieux qu'étaient les alchimistes. Ils avaient des maximes comme celle-ci: "La nature est la maîtresse, l'artiste est son serviteur", ou encore : "Toute l'oeuvre est de suivre la nature" . "

Etienne PERROT
extrait cahier 17, 1982