La peau enveloppe dissimule et protège
Comme vêtement royal d'impossible nudité:
Laissant passer en son travers les sublimes notes d'arpège
Tout comme les essences les plus fines de l'été....
Imperméable, et pourtant perméable, enveloppe sublime
Laissant tout passer, l'essentiel, rien d'illégitime,
Vase précieux contenant l'âme, comme ventre d'héroïne
Donnant le jour, une nuit, à l'Enfant qui désormais l'anime...
Je te chanterai, ô peau douce lisse tendre et chaude,
Belle et rare d’être périssable, pourrissante et lâche
Protégeant jusqu'au bout comme femme pure ou ribaude
L'enfançon d'une inconnue masculinité: amie, la tâche
Que nature te demande, te presse d'assumer...
Car ton vase de nature jamais ne fut fait
Pour porter enfant de chair uniquement
Perpétuant ainsi beauté et iniquité:
L'enveloppe ici est vase de cristal mol et chaud où se défait
Ta propre existence, en donnant le jour à ce qui te fait quitter
Ta pâle inexistence
Ainsi que la procréation de pâles existences...
Afin que continue et se multiplie la Vie.
Oui, la "fleur de peau" est enveloppe et vase de douce chair
En laquelle le petit bourgeon d'Homme lentement mûrit,
Comme fleur pourpre et d'or issue du fumier d'hier
À l'instant où, du ventre tiède de la noble cavale,
Elle émerge; de par l'homme elle-même renée dans le geste fatal
Tandis qu'aujourd'hui, comme hier, elle est tendre creux
Où l'homme à son tour pénètre afin d'exorciser son mal:
Fleur de profondeur, vase et creuset, où enfin ils se fondent
Sans que jamais plus ils ne se confondent...
Celui qui murmure dans le creux fin de l'oreille
De l'aimée, la remerciant de l'enfant, cette merveille,
Se doit de savoir que l'enfant né de l'esprit du père
Infiniment est dépassé par l'Enfant-Soi, né de la chair
Périssable, pauvre éphémère écartelée afin de faire passage...
Oui c'est là Merveille de merveille, et comment
Ne pas s'émerveiller, que telle merveille
Sorte de telle pauvreté...
"Ma douce peau a attiré le mâle et pris au piège
Sa dure masculinité: renée de l'étreinte sacrilège
À l'enfant-roi le jour ai donné..."
Ainsi rend grâces la tendre vierge désenchantée
Par la danse d'amour, de par la délivrance d'Amour adoubée:
Reine de Saba, compagne d'oeuvre salomonique,
O sagesse du plus beau Cantique des Cantiques...
Oui, je chanterai la Fleur d'or de tendre peau née
Femme-fleur de folle étreinte énamourée:
Fatale estocade ouvrant la chair pour te faire naître
Du front divin accouchant de l'Être...
O sagesse, Tu danses à jamais devant lui....
CLAIRE CHENAUX
Poésie publiée dans le cahier 15 ,1981
Etienne PERROT invitait les amis de la Fontaine à s'exprimer dans les cahiers de "gaie science".
CLAIRE CHENAUX: interprète de rêves , descendante de Mme GUYON
samedi 24 mars 2012
mardi 13 décembre 2011
Madame GUYON

"MadameGUYON se place à l'apogée du siècle de Louis XIV. Elle présente un phénomène historique extraordinaire. C'est une femme qui a fait une expérience intérieure toute seule et guidée par des prêtres qu'elle avait rencontrés et qui l'ont placée en possession de son monde intérieur. Cette expérience intérieure a compris sept années de mort totale. Puis elle s'est trouvée comme investie d'une lumière dont on lui a montré du dedans qu'elle devait la propager.
Elle a commencé à avoir des injonctions intérieures:" il faut que tu partes à Genève." Elle ne voulait pas. Elle était d'une grande famille, elle était mariée à l'un des hommes les plus riches du pays. Une de ses filles a épousé le fils du surintendant Fouquet. Elle occupait donc une place enviable dans le siècle.
Et puis , elle a commencé à entendre cette voix. Elle venait à Paris se confesser et elle entendait le confesseur lui dire: Madame, je ne vous connais pas, je ne sais pas si vous êtes fille, veuve ou épouse, mais quelque chose me dit que Dieu vous veut à Genève".
Et finalement, elle écrit cette phrase qui a été une phrase de destin pour moi :" JE ME RESOLUS DE PARTIR COMME UNE FOLLE".
C'est un peu Jeanne d'Arc. Elle a commencé une existence aventureuse où elle prêchait le royaume intérieur. A l'époque, ce n'était pas tellement commode. Elle était bien accueillie, et puis les évêques voyaient qu'on faisait la queue à sa porte. Elle devenait indésirable, on la faisait passer ailleurs. Genève, c'était le protestantisme. Elle se sentait attirée sans doute par la conversion des protestants. Il y avait un ordre fondé pour recevoir les convertis du protestantisme, ce qu'on appelait"les nouvelles catholiques". Elle s'est installée à la frontière, à Gex. Et là, on a voulu lui mettre la main dessus, la congrégation a voulu la prendre, se l'adjoindre, d'autant plus qu'elle était très riche.
Alors elle est partie, en se faisant des ennemis naturellement, et elle a fini par se retrouver Paris. Elle avait publié un ou deux ouvrages, dont l'un s'intitule: "Le moyen court de faire oraison et de parvenir à Dieu", qui avait eu le plus grand succès et qui étaient approuvés par l'Eglise. Dans tout cela, elle savait qu'elle était entrée dans la nouvelle phase de sa vie qu'elle appelait apostolique.
A Paris elle a été reçue par des gens qui étaient très bien en cour et on a fini par lui présenter quelqu'un qu'elle avait vu huit ans auparavant en rêve. Ele avait vu "l'homme qui serait sa bouche".
Depuis écrit-elle, "je le cherchais partout sans le rencontrer". Et huit ans plus tard, en 1688, on lui a fait rencontrer Fénelon.
Fènelon était déjà un des premiers ecclésiastiques du royaume, mais il était complètement déchiré par le scrupule, la sècheresse.
En la voyant il a été d'abord horripilé par la volubilité de cette femme, par cette espèce de liberté extraordinaire avec laquelle elle parlait du monde intérieur. Tout le heurtait, sur le plan humain, car lui-même était précautionné, comme il dit, prudent, réservé.
Et il s'est rendu compte que c'était elle qui pouvait ouvrir la source qui était en lui."
Etienne PERROT
extrait cahier 22 1983
mardi 8 novembre 2011
Origène

"L'un des grands mouvements de l'âme contemporaine qui me met à cette place et non pas dans un couvent ou dans une chaire religieuse, c'est que l'âme moderne aspire à cette entreprise qu'un père de l'église Origène, proclamait déjà comme nécessaire : la réconciliation du principe ténébreux et du principe lumineux, la réconciliation de Satan et de Dieu, et c'est cela, la divinité totale, dont les rêves montrent et favorisent l'éclosion."
Etienne Perrot
extrait cahier 22 .1983
Origène.
http://www.cosmovisions.com/Origene.htm
les éditions du cerf:
http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/ficheauteur.asp?n_aut=11
jeudi 11 août 2011
MERCURE
"Parmi les lettres bouleversantes qui nous parviennent des auditeurs de nos émissions, je veux en citer une. Elle provient d'une jeune bretonne qui, dit-elle, se sent environnée de forces qu'elle ne peut définir. On sent, dans sa lettre, une gêne et une pudeur qui se changent en ironie vis à vis d'elle -même et de son vocabulaire. " Ainsi, dit-elle, une voix s'est fait entendre à moi voici quelques temps et m'a dit :" Élisabeth doit s'occuper du mercure".
Il y a chez nous, commente t - elle un livre parlant d'alchimie. Je l'ai consulté, mais il ne m'a pas apporté grand chose d'éclairant.
Et voilà qu' à votre émission sur les nouveaux alchimistes, j'apprends que le mercure, c'est l'énergie psychique!
ça change tout !"
Etienne PERROT
extrait cahier 3. 1979
mardi 12 juillet 2011
Les idées

"C'est le non-mental du ZEN. On s'est nettoyé le cerveau et on réagit aux situations aussi simplement, aussi spontanément que possible, on ne s'encombre pas d'idées. Si vous avez une idée un jour, elle vous est chassée le lendemain par une expérience ou par un rêve. Même sur les gens que l'on rencontre, on n'a pas d'idée préconçues. Je peux avoir des idées sur tel ou tel, et puis un évènement survient ou un rêve, et on voit qu'il faut prendre la contrepartie, c'est la nouveauté constante"
Etienne PERROT
extrait cahier23, 1983
vendredi 1 juillet 2011
La porte étroite
"Voilà le programme que je propose à chacun de vous. Jung nous a révélé, entre autre simplicités géniales, que le chemin de cette restauration se trouvait dans le fil que déroulent la nuit nos songes. Bien sûr, il y a là une entreprise hasardeuse et nous reviendrons tout à l'heure sur ses périls. Mais c'est le chemin, c'est la porte étroite, et la voie resserrée à laquelle cette porte donne accès. Une fois qu'on a consenti à l'emprunter, cette voie va s'élargissant progressivement jusqu'à devenir la voie de l'infini, la voie d'éternité ."
Etienne PERROT
extrait cahier13 1981
mardi 10 mai 2011
virginité
"Je pense à une phrase de Mme GUYON disant de Dieu: "Il ne regarde comme vierges que ceux qui sont totalement désappropriés".
Notre virginité , c'est cela: c'est l'abandon des vues personnelles, l'abandon de ce que nous avons de propriétaire, et de ce fait limité, pour nous défaire et nous ouvrir à l'immensité qui est au fond de nous et qui, passant d'instant en instant à travers notre être tout entier, se renouvelle, nous renouvelle avec elle, et de cette manière nous garde dans une fraîcheur, une nouveauté, dans une virginité constante."
Etienne Perrot
extrait cahier22 1983
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