mardi 10 mai 2011

virginité


"Je pense à une phrase de Mme GUYON disant de Dieu: "Il ne regarde comme vierges que ceux qui sont totalement désappropriés".
Notre virginité , c'est cela: c'est l'abandon des vues personnelles, l'abandon de ce que nous avons de propriétaire, et de ce fait limité, pour nous défaire et nous ouvrir à l'immensité qui est au fond de nous et qui, passant d'instant en instant à travers notre être tout entier, se renouvelle, nous renouvelle avec elle, et de cette manière nous garde dans une fraîcheur, une nouveauté, dans une virginité constante."

Etienne Perrot
extrait cahier22 1983

mercredi 23 février 2011

Adhésion

photo extraite de :http://archives.avignonleoff.com/upload/spectacle/spectacle-310.jpg

"Quant à la théorie du YI KING, moins on en sait là-dessus et mieux on dort".

"Ce n'est pas une démission de la raison, c'est simplement l'adhésion à une source de connaissance plus profonde..A ce moment là on ne cherche pas une explication rationnelle, on épouse le mouvement et puis on sait que ça marche, que c'est bien comme ça et on n'a pas besoin de s'arrêter avec sa grosse tête et ses pauvres raisons pour se demander pourquoi ça marche, puisque ça marche!

Celui qui s'interroge sur la théorie est comme un danseur qui s'arrêterait au milieu d'un mouvement pour analyser son mouvement, pour savoir ce qu'il fait de son pied gauche, de son pied droit, de ses muscles de telle ou telle partie du corps, à ce moment là tout s'arrête!!"

Etienne PERROT
extrait cahier18 1982

vendredi 28 janvier 2011

De DIEU...


"On lit dans la vie de Shams, le maître de Rûmi, que voyageant à travers l'Iran sous la poussée de l'esprit, à la recherche du disciple élu pour être le vase de son enseignement, il s'entendait demander : "D'où viens-tu? " Et il répondait :" Je viens de Dieu et je vais à Dieu."
Ainsi nos dialogues "angéliques" vont du soi au soi, de la pierre à la pierre, de Dieu à Dieu."

Etienne PERROT
extrait cahier15, 1981

lundi 20 décembre 2010

Dilatation


"C'est un fait disait JUNG qu'on ne peut pas conduire quelqu'un plus loin qu'on a été conduit soi-même. Mais on peut assister ici à un phénomène qui vous paraîtra finalement simple, bien qu'il soit en apparence déroutant et contraire à nos positions et à nos catégories: je peux recevoir beaucoup de quelqu'un qui vient me voir, cet être peut m'enseigner, il peut m'élargir.

Si j'accepte son élargissement, nous nous retrouvons au même niveau et, à ce moment là, une inspiration me viendra du niveau central et, du niveau où nous communions tous les deux, pour pouvoir lui renvoyer la balle . C'est un dialogue et non pas une parole magistrale reçue dans le respect par celui ou celle qui vient nous consulter.

Il y a une dilatation et un approfondissement du centre au centre ( le centre en moi et le centre en l'autre) et les rêves viennent d'ailleurs y aider"

Etienne PERROT
extrait cahier17. 1982

lundi 25 octobre 2010

Relié à un centre


"A partir du moment où je sais que je suis relié à un centre qui me dépasse et dont j'ai appris l'intelligence et la sagesse, j'accepte avec gratitude, avec amour, ce lien. J'accepte de me dépouiller du fardeau, de mes soucis propres, de mes doutes, de mes recherches tâtonnantes du bien et de ce qui est juste, j'épouse ce qui m'est montré, ce qui m'est dit, j'y vais de tout mon cœur, que ce soit joyeux, que ce soit douloureux, je suis , pourrait-on dire, porteur dans cet acte, de toute l'énergie de l'univers puisque cette énergie qui m'anime vient du centre de moi au delà de moi, qui est comme le centre du monde. Je suis doté ainsi de la liberté qui est celle de l'unité et qui est celle du Tout. Le Tout, l'univers dans sa réalité, est libre, puisqu'il n'est limité que par lui-même. Eh bien j'épouse sa liberté. On a donc le sentiment d'une totale dépendance, qui apparaît concrètement comme une totale liberté et c'est encore, une de ces rencontres des contraires dont est faite cette œuvre intérieure."
Etienne PERROT
extrait cahier 21, 1983

mardi 7 septembre 2010

VISION


"Nous avons une vision qui est la vision morcelée de l'individu. C'est un héritage occidental. On nous a appris que nous sommes limités, faibles, ignorants, que l'abîme de l'être, s'il existe, est insondable et inaccessible.
L'image que je vous ai développée tout à l'heure , à la radio, ce dynamisme que je vous ai montré et, j'espère, transmis, suggèrent une autre attitude vitale qui n'est pas nouvelle et qui est celle d'une grande partie de l'humanité, c'est notamment celle de l'Inde traditionnelle.
La vie est d'essence divine; notre réalité est éternelle, immortelle, et notre vision individuelle limitée est une manière de regarder par le gros bout de la lorgnette, de regarder à l'envers.

Cette vision que je vous ai proposée de la fontaine de pierre nous aide à nous placer, par la foi, par une foi éprouvée qui est d'abord une simple hypothèse de travail, mais qui se révèle vite, féconde, au niveau de cette source transpersonnelle qui est en nous. Alors il n'y a plus de problèmes , parce que cette source est située au-delà des problèmes et de la dialectique, de la durée limitée.

Je ne suis pas omniscient, je ne suis pas infaillible, mais il y a au fond de moi une omniscience et une infaillibilité, je sais que cette réalité est là, je ne la connais pas clairement, mais elle se connaît et elle me connaît, et je sais que l'attitude vraie , ma vérité, c'est de la laisser s'exprimer en moi et de me montrer ce qu'elle veut me montrer pour que je la connaisse, pour que j'aime et pour que j'agisse."

Etienne PERROT
extrait cahier 18

vendredi 28 mai 2010

Mythologie

Apollon et Daphné par N.POUSSIN

Q
: Est ce que la mythologie vient dans les rêves ?
E.P:
Évidemment. Prenons l'opposition la plus classique, celle faite par Nietzsche, entre Apollon, le dieu solaire, le principe lumineux, associé grosso modo au Christ, et Dionysos, le dieu de la bacchanale, le dieu du vin, etc...opposé à la rigueur et au hiératisme chrétien. Eh bien, il existe un type de rêve extrêmement fréquent : on pourrait l'appeler" la bacchanale dans l'église". L'église, ce lieu de silence, silence plus ou moins fécond, où l'ennui, la convention et l'angoisse sont désormais plus présents que la ferveur authentique, le bouillonnement et la chaleur de l'âme, l'église devient un lieu d'orgie. Je constate que de tels rêves viennent souvent chez les personnes qui sont liées à la pratique religieuse. Ces rêves ont, chez elles, un effet libérateur. Au contraire qi aura une vie trop libre sur ce plan se verra ramené à l'austérité. Je connais une personne qui est très portée vers la vie des instincts, qui rêve périodiquement qu'elle se retrouve au couvent et qu'on lui impose une règle rigoureuse, après quoi on la renvoie, bien sûr vers un autre mode de vie".
Etienne PERROT
extrait cahier 20, 1982