
"Je voudrais vous citer une parole de JUNG dans ses souvenirs posthumes. Il dit :" Je ne suis pas de ceux qui croient qu'ils doivent veiller à ce que les cerises aient des queues". Il ajoute : " Je suis là contemplant ce dont la nature est capable". Vous mesurez , je pense, l'énormité d'une pareille affirmation dans notre siècle de techniques : cete foi dans la vie, cette foi dans la puissance de la nature, dans sa sagesse, dans son intelligence et dans le sens qu'elle poursuit à travers nous. Il est bien évident que si, avant de se lancer dans de grandes planifications, on se mettait un peu à l'écoute des besoins profonds d'une collectivité, des possibilités qui sont les siennes et qui correspondent à son désir intense et foncier, au lieu de se fixer des objectifs vers lesquels on tend et on veut faire tendre les membres de la collectivité les choses iraient sans doute mieux et, en tout cas, pas plus mal. C'est là ce que JUNG a défini comme attitude de "laisser advenir"". Nous retrouvons ici la grande intuition de ces opérateurs mystérieux qu'étaient les alchimistes. Ils avaient des maximes comme celle-ci: "La nature est la maîtresse, l'artiste est son serviteur", ou encore : "Toute l'oeuvre est de suivre la nature" . "
Etienne PERROT
extrait cahier 17, 1982
Etienne PERROT
extrait cahier 17, 1982